Les vives critiques que suscite le libra ont achevé de décourager PayPal. Le spécialiste américain des paiements électroniques a annoncé vendredi dernier qu’il quittait le 
projet de cryptomonnaie

de Facebook.

L’entreprise californienne de services de paiements n’a pas justifié sa décision, déclarant simplement qu’elle se retirait de l’association Libra.

« Il faut de l’audace et une certaine force morale pour entreprendre un projet aussi ambitieux que le libra, l’occasion pour notre génération de faire les choses bien et d’améliorer l’inclusion financière », a réagi Dante Disparte, de l’association Libra. « La détermination à accomplir cette mission compte plus que tout pour nous. Nous préférons être au courant de ce manque de détermination le plus tôt possible », a-t-il asséné.

La décision du groupe de paiements est néanmoins un coup dur pour le projet,
dirigé par David Marcus,

dirigeant de Facebook qui occupait auparavant le poste de président de PayPal.

Crainte de la colère des régulateurs

Et PayPal n’est pas le seul à nourrir des doutes. Visa et Mastercard, deux futurs membres du consortium de gestion de Libra, seraient en train de « reconsidérer leur implication » dans le projet, d’après un article publié mardi dans le « Wall Street Journal ». L’agence Bloomberg ajoute que Stripe, spécialiste des paiements en ligne, hésiterait également à s’engager.

Face à la levée de boucliers que suscite le Libra, les partenaires du projet craignent de voir leurs relations avec les Etats et les autorités de régulation se dégrader. En juillet, le président de la Réserve fédérale américaine, Jerome Powell, a estimé que la cryptomonnaie de Facebook soulevait de « grandes inquiétudes » en termes de « respect des informations personnelles, de la protection des consommateurs et de la stabilité financière ».

La taille de Facebook, premier réseau social au monde, avec 2,7 milliards d’utilisateurs si l’on comprend toutes ses applications (WhatsApp, Messenger), implique aussi que la nouvelle monnaie pourrait perturber le système financier mondial, et compliquer la tâche des banques centrales.

Les Européens ont aussi sonné la charge. Cet été, les autorités de la concurrence de l’Union européenne ont commencé à
enquêter sur le sujet,

puis les responsables de 26 banques centrales ont
convoqué les représentants de la future cryptomonnaie

, en septembre. Pour sa part,
la France a été claire

 : elle ne veut pas du libra en Europe.

Le lancement de la cryptomonnaie étant prévu pour 2020, les partenaires n’ont plus beaucoup de temps pour se décider. D’après Bloomberg, les 28 membres de l’association, qui n’ont jusqu’ici signé qu’une lettre d’intention, doivent réaffirmer leur engagement à la fin du mois.

Cryptomonnaie de Facebook, le projet fou de Zuckerberg

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